L’adaptation au changement climatique

S’ajuster au changement climatique et à ses conséquences : tous les pays du monde font désormais face à ce défi nouveau appelé adaptation. Un mécanisme coûteux qui exige une action concertée, collective et des outils efficaces pour tenter de prévoir l’imprévisible.

Face au changement, l’être humain adopte souvent deux comportements : il tente d’agir sur les événements, tout en s’adaptant à la nouvelle situation. Au niveau du changement climatique, c’est la même chose. Les sociétés du monde, qu’elles soient issues de pays riches, en transition ou plus pauvres, doivent tout faire pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre qui provoquent le dérèglement climatique et son lot de bouleversements. Et dans le même temps, s’adapter à la nouvelle donne. C’est ce qu’on appelle l’atténuation et l’adaptation, un double enjeu capital dans la lutte contre le dérèglement climatique.

s’adapter ou prendre en compte l’évolution de l’environnement

Même en tenant compte des engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pris à ce jour par les Etats dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat et de la COP21, la température moyenne augmentera d’environ 3°C d’ici la fin du siècle sur la planète. L’accord prévoit bien une réévaluation régulière des efforts pour limiter la hausse en-deçà de  2°C, mais dans tous les cas l’évolution du climat sera importante. Et ses impacts sur les territoires, les ressources et les modes de vie relativement clairs, même si on ne dispose pas de précisions sur les petites échelles géographiques.

Deux certitudes, néanmoins : quelles que soient les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre envisagées, un changement climatique est inévitable du fait de l’inertie du système climatique. Le climat des 20 prochaines années est déjà écrit.  Et dans ce cadre, les pays moins avancés et les petits États insulaires – comme les Fidji, présidentes de la COP23 de Bonn en novembre – seront les plus touchés.  Accroissement des risques naturels, élévation du niveau de la mer, stress hydrique, désertification ou encore modification de la pluviométrie, pour ces territoires fragiles, tous les voyants sont au rouge. Pour eux comme pour tous les pays de la planète, il faut s’adapter, et vite.

Selon la définition du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), l’adaptation est la démarche d’ajustement au climat actuel ou à venir, ainsi qu’à ses conséquences. Il s’agit à la fois de réduire les effets préjudiciables du changement climatique tout en exploitant les effets bénéfiques.

Dans tous les cas, l’évolution du climat sera importante et ses impacts sur les territoires, les ressources et les modes de vie relativement clairs, même si on ne dispose pas de précisions sur les petites échelles géographiques.

L’adaptation à un coût

Face au défi lancé par le dérèglement climatique, la question des coûts se pose.  Stabiliser le climat via l’atténuation coûte cher – certains économistes l’estiment à environ 1% du PIB mondial – mais reste envisageable.  En revanche, au stade où nous en sommes, retarder ces actions d’atténuation et subir des changements climatiques plus importants serait dangereux et bien plus coûteux : de 5% à… 20% du PIB, selon les estimations.

Le coût de l’adaptation est élevé car l’ensemble des actions de développement subiront de plein fouet les conséquences d’un climat déréglé. Dans les secteurs de l’eau ou de l’agriculture bien sûr,  mais aussi dans d’autres domaines sans rapport direct avec le climat : les villes, les infrastructures ou encore des pans entiers de l’économie. Par conséquent, tous les programmes de développement doivent désormais prendre en compte le changement climatique.

Oser la rupture pour affronter l’incertitude du dérèglement climatique

Malgré ce constat, la plupart des projets de développement n’intègrent encore aujourd’hui l’adaptation qu’à la marge, quand l’ampleur des enjeux en nécessiterait certaines ruptures franches avec les pratiques en cours.

Les mesures à envisager peuvent aller de la diversification économique à l’abandon de certaines zones habitées mais devenant de plus en plus vulnérables, en passant par l’évolution de la localisation des bassins d’emplois ou une remise en cause drastique des équilibres villes-campagne.

Second écueil,  l’incertitude liée à aux changements du climat et à l’étendue des dégâts. Si les modèles de projection climatique à long terme existent à l’échelle de la planète ou de ses grandes régions, les prévisions des conséquences du dérèglement climatique aux échelles locales sont beaucoup moins fiables. Or, c’est souvent à ce niveau que se décident les investissements. Les modèles climatiques ont par ailleurs du mal à prédire les événements extrêmes comme les inondations, les sécheresses ou les ouragans, souvent dévastateurs pour les populations et les économies d’un pays. En clair, il faut agir sans forcément savoir quelle sera la nature exacte des changements induits par le réchauffement, ni leur intensité.

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