Téléphone mobile et climat: À qui profite la nébuleuse ambiance?

Le climat de la planète se porte mal, et sans vouloir alarmer la race humaine, ce fait semble s’accentuer. Et ce n’est pas avec cette épidémie mondiale de dépendance aux téléphones portables que les choses vont s’arranger.

Lorsque nous jetons un œil au circuit de production d’un téléphone mobile et son incidence sur le climat, lorsque nous passons en revue l’incidence de l’exploitation des mines de cobalt, de cuivre, de nickel ; le transport et tout l’usinage, la question de la protection du climat planétaire prend dès lors un caractère préoccupant. Et pour les plus verts d’entre nous, le regard sur ces petits bijoux de technologies qui sont devenus nos plus fidèles compagnons au quotidien, change définitivement.

Le constat selon lequel un smartphone dans son état final a été à un moment ou un autre un danger pour le climat reste indéniable.

  • Le flou total sur les processus de fabrication des téléphones

Le sceau du secret des affaires est très souvent brandit par les représentants des constructeurs pour ne pas donner plus de détails sur le processus véritable de production de ce qui est devenu au fil du temps, le produit manufacturé le plus “consommé”. Ce défaut de transparence cause un véritable cas de conscience pour les utilisateurs et les professionnels du recyclage, réduisant à sa stricte réalité de “concept théorique” la notion de recyclage de mobiles usagers.

  • Vieillissement rapide programmé et souhaité

L’industrie du smartphone est volontairement tournée vers une proscription de la réutilisation du matériel et du recyclage. Un rapport sénatorial américain l’exposait d’ailleurs très clairement en ces termes : « La conception des téléphones est délibérément défavorable au réemploi et au recyclage ». Dans cet élan général rythmé par les innovations en tous genres, cette industrie en redemande toujours plus, alors que la disponibilité des ressources s’amenuise au fil des exploitations. Les constructeurs s’apprêtent d’ailleurs à passer à un autre stade et « s’ingénient à empêcher la réparabilité des téléphones », souligne Marie-Christine Blandin. La notion de vis labellisée, de batterie intégrée, (…), sont des illustrations présageant de l’existence d’une telle politique.

L’autre aspect nous faisant courir vers ce que l’on qualifierait « d’obsolescence programmée” est l’aspect du vieillissement du logiciel, qui nous invite à pratiquer régulièrement des mises à jour, lesquels mises à jour ne feraient que charger le téléphone et le pousser très rapidement vers ses limites en termes de capacités et de fonctionnalités. la solution proposée: passer à la dernière version de smartphone à la mode…

  • L’inefficacité des campagnes de collectes de téléphones usagés

Qu’on se le dise clairement, les campagnes de collecte de téléphones usagés n’ont pas atteint les résultats escomptés. En France par exemple des chiffres de fin 2016 annonçaient que environ 15% des 25 millions de téléphones censés être usagés, ont été collectés. Et cela en précisant que les smartphones qui constituent environ 84% de ces téléphones, sont quasiment aux abonnés absents dans les corbeilles des collecteurs.

  • Le processus de fin de vie: qui fait quoi?

Cet aspect est encore plus alarmant, en ce sens qu’il est presque implicitement pratiqué le non-respect des normes en vigueur. En fait le sort des smartphones (puisqu’ils sont les plus répandus, et puisqu’il s’agit d’eux encore plus que les autres) est vraiment flou. Ledit rapport estime que 100 millions d’entre eux « dorment dans les tiroirs de nos concitoyens ». Et cela de peur d’exposer nos données personnelles, ou par la noble volonté de disposer d’un téléphone secours en cas de perte du précédent. De plus ils sont généralement très peu encombrants.

Pourtant les opérateurs et constructeurs sont semble-t-il tenus de les récupérer dans le cadre de leur engagement pour la sauvegarde de la planète. Ils devraient les récupérer soit dans le cadre d’un échange, ou sans contrepartie par exemple lors des campagnes de collecte. Le constat est que ni l’UIT, ni les régulateurs des pays, ne communiquent véritablement sur la question, et il semble presque clair qu’il n’existe pas de mécanisme de contrôle en la matière, ou s’il en existe, il semble clairement inefficace.
La quasi-totalité de ses téléphones finissent leur parcours dans une filière parallèle aux aspect de black market, où ils sont démantelés, reconditionnés, revendus et acheminés généralement vers les pays du tiers monde et tout particulièrement en Afrique. Finissant en déchets de téléphones (DEEE) aux pieds des mines de cobalt, de nickel, de cuivre qui les ont vus naître.

Le flou est total, et le silence est entretenu sur ces questions et ces constats mentionnés plus haut. Et plutôt que de regarder toutes les 10 minutes de notre vie l’écran de notre smartphone, l’esprit partagé entre la culpabilité de contribuer à rendre pérenne une telle industrie, et la volonté de faire quelques choses, la rédaction de babiphone.net voudrait au moins s’assurer qu’il n’existe plus une certaine ignorance sur cette question.

KOFFI Donatien Kouakou |  Source babiphone.net

koffidonatien@gmail.com

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