Climat : Des politiques antagonistes entravent la lutte

[NAIROBI] Une analyse révèle que les politiques de lutte contre le changement climatique sans synergie avec les questions liées à l’eau, à l’agriculture et aux politiques énergétiques en Afrique subsaharienne entravent les efforts pour faire face aux impacts du changement climatique et atteindre les objectifs de développement durable (ODD).

En Tanzanie, par exemple, estiment les auteurs, le plan de développement national est insuffisamment en adéquation avec le programme national d’action en matière d’adaptation au changement climatique et les politiques de l’eau. Au Malawi, l’analyse révèle que la politique nationale de l’eau, le programme d’action national d’adaptation au changement climatique et les politiques agricoles ne sont pas compatibles avec les efforts visant à lutter contre les changements climatiques.

Les auteurs écrivent que les ODD et l’Accord de Paris sur le changement climatique exigent des politiques cohérentes dans tous les secteurs, tels que l’eau, l’agriculture et l’énergie, pour contribuer à atténuer les effets du changement climatique, notamment les sécheresses graves et les inondations.

“Il existe de nombreux obstacles à la cohérence des politiques. Certains sont communs à tous les pays, y compris le manque d’adhésion.”

Patrick Curran, Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l’environnement

Les auteurs de la note d’orientation résultant de l’analyse recommandent la cohérence des politiques dans ces secteurs.

« Il existe de nombreux obstacles à la cohérence des politiques. Certains sont communs à tous les pays, y compris le manque d’adhésion, les mandats contradictoires des ministères sectoriels ou les ressources limitées pour permettre les processus nécessaires à la cohérence », déclare Patrick Curran, co-auteur de la note politique et analyste à l’institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l’environnement, de la London School of Economics and Political Science.

Au nombre des autres obstacles se trouvent les capacités institutionnelles limitées ou le leadership nécessaire pour coordonner les secteurs, et la faible capacité à procéder à des examens réguliers ou à mettre en place un processus pour mettre à jour et aligner les politiques nationales et sectorielles.

Les chercheurs ont analysé les politiques en matière de changement climatique et les politiques connexes telles que celles portant sur l’eau, l’agriculture, l’énergie, le changement climatique et les plans de développement nationaux au Malawi, en Tanzanie et en Zambie, en utilisant un système de notation pour évaluer les impacts du changement climatique.

Andy Dougill, co-auteur de la note politique et professeur de durabilité environnementale à l’université de Leeds, en Grande-Bretagne, explique à SciDev.Net que « les recherches ont été menées pour mieux comprendre l’économie politique affectant le changement climatique et les décisions en matière de développement durable prises dans la région. »

Les chercheurs recommandent que les stratégies ou politiques nationales de développement soient revues, mises à jour ou développées pour intégrer explicitement le changement climatique et les ODD en tant qu’objectifs clés.

Il est également nécessaire de mettre au point des arrangements institutionnels appropriés permettant la cohérence, en particulier la coordination intersectorielle en ce qui concerne la planification des changements climatiques. Les gouvernements nationaux doivent établir ces arrangements eux-mêmes, avec un leadership politique de haut niveau, ajoutent-ils.

George Okoye Krhoda, professeur agrégé de géographie et d’études environnementales à l’Université du Kenya, déclare à SciDev.Net que bon nombre des évaluations actuelles de la cohérence des politiques en Afrique subsaharienne sont limitées en raison de données et d’informations insuffisantes pour prendre des décisions éclairées.

« Les impacts du changement climatique en Afrique subsaharienne seront graves sur la base des prévisions actuelles », explique-t-il, ajoutant que les gouvernements africains ne devraient pas créer et mettre en œuvre des politiques sur l’eau, l’énergie et le changement climatique de manière indépendante.

George Krhoda ajoute que l’eau, l’énergie et la production alimentaire sont les systèmes de production les plus sensibles au climat; et ceux-ci nécessitent une coordination et une cohérence continues.

Stéphanie Achieng’, Scidev.net

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s