Au secours! Mon caniveau se « plein »

Au moment où la seconde édition du Climackathon se tient à Abidjan du 27 au 28 septembre 2018, mes pensées se dirigent tout droit vers un caniveau qui meurt sous les regards indifférents des passants.

A son arrivée quelque part à Abobo (commune d’Abidjan), le caniveau en question faisait notre fierté. « Voilà, maintenant l’eau va couler jusqu’à dans le gros trou qui est là-bas », se réjouissait une ménagère dans un vocabulaire approximatif.

Cette brave dame était convaincue qu’avec l’arrivée de ce caniveau, l’eau de ruissellement coulerait doucement vers un lieu propice. D’ailleurs, elle n’était pas la seule à nourrir un tel espoir. Les habitants du quartier se laissaient aller à rêver d’un environnement sain. Si seulement ces braves gens savaient qu’ils seraient témoins d’un « crime contre la nature » que la Cour pénale internationale n’oserait juger. Mon caniveau, jadis réservé à l’eau, est aujourd’hui un vrai dépotoir. Ce caniveau dont les louanges ont été chantées par les habitants du quartier se « plein ». Il n’est plus que l’ombre de lui-même.

Plein de boues, papiers, sable et plusieurs immondices, le caniveau se plaint. Apparemment, nul ne semble entendre ses complaintes. Au contraire, sa douleur fait sourire certains passants qui laissent volontiers un bout de papier ou un sachet d’eau. Sans doute un souvenir de leur présence. Quel paysage désolant!

Le plus triste c’est que l’avenir de ce cher caniveau est un sombre tableau. Plus rien ne sera comme avant! Si seulement nous pouvions mesurer les conséquences du « décès » de ce caniveau sur l’environnement. En Côte d’Ivoire, chaque année la saison des pluies endeuille des familles.

Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 juin 2018, les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville d’Abidjan ont fait 19 morts. Le pays était choqué, les autorités ivoiriennes sont montées au créneau en prenant des mesures vigoureuses, les populations se sont indignées. Mais on oublie ce qu’on fait à ce pauvre caniveau! Déverser des ordures, des ordures et encore des ordures. Où diantre voulons-nous que l’eau de ruissellement…ruisselle! On prend un malin plaisir à boucher toutes les canalisations.

Le caniveau se « plein » dans l’indifférence totale. Ses larmes de tristesse emportent des vies. A l’occasion de la seconde édition du Climackathon, à Abidjan, souvenons-nous de mon caniveau!

 

Richard Kouassi

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