Les enjeux environnementaux de la 4e révolution

C’est désormais une réalité, la 4e révolution tant annoncée est enfin là et déjà, elle suscite une préoccupation majeure : le volet environnemental.

La première révolution posa les bases de l’industrialisation comme moteur d’émancipation économique des sociétés. Elle fut marquée par l’invention de la machine à vapeur et depuis lors, l’homme n’a cessé de faire montre de sa matière grise qui semble se décupler au fil des ans. Dans le but de parvenir à un mieux-être et à plus de facilités, nous sommes arrivés à une quatrième révolution marquée par la robotique et la diffusion de l’information par des moyens plus sophistiqués comme l’internet et les NTIC. Cette 4e révolution consacre l’adjonction des outils numériques pour transformer l’économie mondiale mais aussi la recrudescence des conceptions productivistes pour faire face à une démographie galopante et une exigeante compétition entre les différentes puissances.

L’homme, cet être insatiable, difficilement maîtrisable par ses paires est en fait dans un élan de destruction de tout ce qui pourrait freiner la satisfaction immédiate de ses ambitions et c’est la nature qui en paie le prix fort. Notre patrimoine naturel mondial est en danger et le sera encore plus dans cette 4e révolution qui se peaufine au gré de l’explosion démographique qui suggère une multiplication des moyens de production pour parvenir à une production en masse.

LE PRODUCTIVISME AGRICOLE, UN DANGER POUR LA NATURE ET LA SANTE DE L’HOMME

Le productivisme est cette façon de vouloir produire en masse dans le but de palier le problème de la forte demande. La devise serait : produire beaucoup et autant qu’on le peut, peu importe les conséquences néfastes liées aux moyens de production. Dans cette perspective, il n’est pas question pour les producteurs de proscrire l’utilisation de pesticides, les OGM et tout ce qui pourrait accroître les rendements. Or, les OGM, parlons-en. Les organismes génétiquement modifiés ne font pas aujourd’hui l’objet d’études sérieuses, tant cela se révélerait ardu et remettrait en cause tout le système d’alimentation. Lorsque cela est fait, les conclusions ne sont pas systématiquement portées à la connaissance des acteurs du domaine et des consommateurs. Pourtant des études ont révélés des résultats qui méritent attentions et remise en cause. En 1999, un travail en laboratoire, publié par John Losey et ses collaborateurs dans la revue Nature, suggérait un effet toxique du pollen de maïs Bt (maïs capable d’autodéfense contre les insectes nuisibles) sur le papillon Monarque. Précisons que ce papillon ne se nourrit pas de maïs. Dans l’expérience, le pollen fut répandu sur les feuilles de l’espèce dont il se nourrit habituellement, l’asclépiade de Syrie. Les insectes furent ainsi forcés d’ingérer le pollen et donc la toxine Bt qu’il contient : environ 40% des papillons périrent dans cette expérience. Aujourd’hui certains herbicides dont le glyphosate font l’objet d’un débat sans précèdent. Ces exemples confirment la nécessité d’évaluer au cas par cas, les différentes procédures relatives aux intrants chimiques utilisés dans le but d’accroître les rendements.

LA MONDIALISATION DE L’ECONOMIE AU MEPRIS DE LA NATURE

Le monde évolue à un rythme inquiétant. La mondialisation, ce processus qui fait de la terre un vaste marché planétaire, contraint les hommes à s’affronter, à se comparer, s’accaparer le substrat de la biocénose pour développer leurs ingénieries et faire montre de leurs forces de frappe. L’homme méprise la nature, et pourtant, que serions-nous sans elle ? Le retrait des États-Unis (deuxième plus gros pollueur derrière la Chine) de l’Accord de Paris sur le climat a résonné comme un coup de massue là où les organisations internationales multiplient les accords pour la lutte contre les changements climatiques. Les grandes puissances polluent l’environnement et n’arrivent pas à se mettre d’accord pour adopter un plan commun de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Chacun dit de son côté : « si je diminue mes émissions, cela pourrait freiner mon économie et me faire chuter au niveau de la balance économique mondiale ». Nous remarquons donc des réticences, des obstinations dans la marche merveilleuse du capitalisme et les habitudes destructrices des populations peinent à être modifiées. Dans cette 4e révolution de notre ère, il faudra profiter des facilités offertes par les TIC pour faire émerger des idées concrètes qui ramènent les uns et les autres faces à leurs responsabilités environnementales. Le défi majeur de notre époque est de tirer des bénéfices écologiques de toutes les initiatives de développement.

UNE CRISE ENVIRONNEMENTALE A PREVENIR, CELLE DE L’EAU !

L’eau est source de vie. On le dit sans véritablement saisir sa sacralité, vu qu’on peut en avoir à volonté, juste en ouvrant le robinet. Or c’est un bien rare et très convoité sous d’autres cieux. Brian Richter dans son œuvre la crise de l’eau traduite de l’anglais par Olivier Evrard rappelle certaines mises en gardes des dirigeants de l’ONU. Nous étions encore en 1985 lorsque Boutros Boutros Ghali, qui deviendra secrétaire général des Nations UniEs sept ans plus tard, avertissait que la prochaine guerre au Moyen-Orient porterait sur l’eau, et non sur des questions politiques. Ce fut un coup de semonce dans le monde entier conduisant de nombreux pays à réfléchir sur leurs propres besoins futurs en eau. Koffi Annan le successeur de Boutros Boutros Ghali à l’ONU, a mis le monde en garde en 2001 en disant que la concurrence féroce pour les ressources d’eau douce pourrait devenir une source de conflits et de guerres à l’avenir. Cet avenir dont ils parlaient est bel et bien une réalité aujourd’hui. Parce que les dégâts économiques et sociaux du manque d’eau sont désastreux, il importe urgemment de trouver des solutions et Brian Richter dans son œuvre nous en propose six (6) qui selon un ordre de coût décroissant sont : le dessalement, la réutilisation de l’eau, l’importation de l’eau, le stockage de l’eau, la gestion des bassins versants et la conservation de l’eau. Le dessalement de l’eau de mer, bien que coûteux (nécessite une grande quantité d’électricité), est une piste des plus rentables qu’on pourrait explorer car il protège les sources d’eau douce naturelles que sont les rivières, les lacs et les aquifères d’une exploitation accrue.

À ces propositions louables nous ajouterons qu’il faut éduquer les populations au minimalisme, leur inculquer un mode de vie qui consisterait à juste utiliser ce qu’il faut et à faire réparer avec empressement les dispositifs défectueux. Une chose est sure, les enjeux environnementaux de la 4e révolution sont énormes car assurer ce niveau de développement tout en préservant les différentes composantes de l’écosystème est pour l’instant un compte d’apothicaire.

Finalement, nous remarquons avec un regard cartésien que les préoccupations environnementales de cette nouvelle ère sont assez inquiétantes. Chacun peut alors se faire une idée de ce que représentera l’avenir? dans les prochaines années? si nous maintenons cette ligne de développement guidée par des innovations certes intéressantes mais qui ne respectent pas notre patrimoine naturel.

 

Yves-Landry Kouamé,Yveslandrykouame.wordpress.com

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