Protégeons les zones humides pour éviter le réchauffement climatique

Les zones humides jouent un rôle écologique irremplaçable en termes d’absorption du carbone atmosphérique et de régulation du climat. Les experts estiment que les zones humides séquestrent 20% de tout le carbone existant sur terre. Leur destruction équivaudrait à l’explosion d’une « bombe carbone » provoquant le réchauffement de la planète. Qu’est-ce que les zones humides ? Comment protègent-elles notre planète ?

Les zones humides, des patrimoines peu connus et en danger

Les zones humides se situent à la transition entre les milieux terrestres et aquatiques. Pour faire simple, ce sont tous ces bas-fonds humides et zones marécageuses qu’on retrouve un peu partout dans le pays. Elles sont parmi les milieux les plus productifs de la planète, garantissant plus de 25% de la nourriture du monde. Berceaux de la diversité biologique, elles fournissent des matériaux de construction, de l’eau douce et rechargent les nappes souterraines. Les zones humides agissent comme des boucliers contre les violentes tempêtes sur les côtes et les changements climatiques.

Cependant, malgré qu’elles soient considérées comme étant les écosystèmes les plus riches en termes de biodiversité et de contribution au bien-être humain, ces zones sont aussi les plus menacées de destruction par les activités anthropiques. La plupart des humains n’ont pas vraiment conscience du rôle joué par les zones humides. Les principales menaces sur ces patrimoines sont les prélèvements incontrôlés des ressources animales et végétales, les remblais pour l’expansion des villes et la pollution.

De la zone humide au Site Ramsar

En février 1971, différents groupes et associations qui prônaient les valeurs immenses de ces milieux naturels se sont rencontrés dans la localité iranienne appelée Ramsar. Cette rencontre a permis de mettre en place un mécanisme de protection. L’instrument mis en place sera ainsi baptisé « Convention de Ramsar ». Lorsqu’un pays adhère à cette Convention, il s’engage à inscrire au moins une zone humide sur la Liste des « zones humides d’importance internationale ou Sites Ramsar ». Il accepte également de prendre les mesures nécessaires pour garantir le maintien de ses caractéristiques écologiques. Les Sites Ramsar ont un statut national et international. Ils sont reconnus comme importants, non seulement pour le pays ou les pays dans lesquels ils se trouvent mais aussi pour l’humanité toute entière.

On compte dans le monde entier, plus de 2200 Sites Ramsar qui couvrent plus de 2,1 millions de kilomètres carrés. La Convention est entrée en vigueur en Côte d’Ivoire le 27 juin 1996. Et, le pays possède actuellement 6 Sites Ramsar, ayant une superficie totale de 127 344 hectares. Cela étonnera probablement plus d’un, mais le plus grand site Ramsar du pays est celui de Grand-Bassam avec 40 210 hectares. Ce site est aujourd’hui traversé par la voie express Abidjan-Bassam, accueille la zone franche en construction et est en proie à toutes sortes d’opérations immobilières. Inconscience ou développement du pays ?

Comment les zones humides protègent-elles la planète contre les changements climatiques ?

Outre leurs fonctions de bouclier contre les violentes tempêtes et l’érosion côtière, elles participent activement à lutter contre le réchauffement du climat. En effet, la moitié des zones humides de la planète sont des tourbières. Les tourbières se composent de matières végétales accumulées depuis des milliers d’années sans être totalement décomposées, compte tenu du milieu saturé en eau. Ce sont les stocks de carbone les plus efficaces par rapport à l’espace qu’elles occupent sur terre. Ne couvrant que 3% de la superficie émergée de la terre, les tourbières contiennent plus de carbone que toute la biomasse forestière du monde.

Lorsqu’une tourbière est dégradée par l’homme, la tourbe se décompose et libère le carbone dans l’atmosphère, sous forme de gaz à effet de serre. A l’échelon mondial, 15% des tourbières ont été drainées, soit 65 millions d’hectares. Cette dégradation représente autour de 5% des émissions anthropiques de CO2. Les tourbières non drainées couvrent plus de 300 millions d’hectares au total et piègent de l’ordre de 100 mégatonnes de carbone chaque année.

Il est donc urgent pour l’homme de réduire les émissions de gaz à effet de serre en ré-humidifiant et restaurant les tourbières drainées et toutes les zones humides en général. Ainsi, elles pourront recommencer à fournir des services écosystémiques importants, tels que la rétention de l’eau, la fourniture de nourritures et les services relatifs à la biodiversité.

« C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas », Antoine Houdar de la Motte (1672-1731).

 

Jacques KIRIOUA

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